Un été avec les jeunes de la Protection Judiciaire de la Jeunesse

Dans le cadre de notre stratégie de prévention de la délinquance et de la récidive, et d’insertion professionnelle à destination des jeunes issus de zones prioritaires, Pompiers sans Frontières est intervenu dans la métropole marseillaise en juin et juillet dernier afin de former aux gestes qui sauvent. Les jeunes sous main de justice, auprès des services de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) des Bouches-du-Rhône ont ainsi pu prendre part à un raid sportif et citoyen, le Défi XIII, et à trois jours de formation au certificat de Prévention et Secours Civiques de niveau 1 (PSC1).

Dans le cadre de sa stratégie de prévention de la délinquance et de la récidive, et d’insertion professionnelle à destination des jeunes placés sous main de justice, Pompiers sans Frontières a eu l’occasion d’offrir son aide dans la formation aux gestes qui sauvent en intervenant lors du Défi XIII, en collaboration avec l’Union régionale sportive, organisatrice de l’évènement, et lors d’une formation au certificat de Prévention Secours Civiques de niveau 1 (PSC1) dans le Centre Éducatif Fermé (CEF) des Cèdres, en collaboration avec l’Union Départementale des Sapeurs Pompiers du 13.

La Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ)

 

La Direction de la Protection Judiciaire de la Jeunesse est un service prenant en charge la justice des mineurs pour le Ministère de la Justice. Elle traite chaque année les dossiers de 170 500 mineurs, dispose d’environ 1 500 structures de placement et de milieux ouverts (300 structures relevant du secteur public, 1 200 relevant du secteur associatif habilité), et compte près de 8 000 agents (dont la moitié sont des éducateurs et 5% sont des psychologues).

 

Le contexte de sa création :

 

La France reconnaît la responsabilité pénale d’un mineur à partir du moment où celui-ci est capable de discernement. En France, les mineurs en conflit avec la loi restent très minoritaires : en 2017, ils représentaient 11.7% du nombre total de personnes mises en cause dans les affaires pénales. Les mesures éducatives et/ou les sanctions pénales qui sont alors retenues contre un mineur dépendent de la gravité de l’infraction commise, de l’âge et de la personnalité du prévenu.

 

Son rôle et ses missions :

 

Le rôle de la PJJ est donc d’individualiser au maximum les peines retenues contre les mineurs, d’apporter des réponses à la délinquance en analysant les profils et en créant un panel de solutions. Elle prend aussi en compte l’environnement du mineur, qui a pu le pousser dans un parcours de délinquance, comme un trouble du comportement, une addiction, des conditions de vie précaires, cela dans le but d’accroître ses chances de réinsertion dans la société civile.

Pour ce faire, la PJJ se donne pour mission d’éduquer, de protéger, de reforger le lien social, scolaire et professionnel des mineurs et de lutter contre la récidive. Elle propose ainsi son expertise éducative au juge des enfants et met en œuvre ses décisions, elle conçoit les normes et les cadres d’organisation de la justice des mineurs, y compris en protection de l’enfance, et elle fait le lien entre les organismes de justice et les services chargés de l’application des peines.

 

Son action :

 

Dans 60% des cas de délits commis par un mineurs, le procureur décide d’une alternative aux poursuites judiciaires comme une réparation du dommage causé ou un rappel à la loi. Dans des cas plus sérieux, c’est à la PJJ que le juge pour enfant peut décider de confier le mineur :

– 53% des actions de la PPj concernent le suivi de jeunes en milieu ouvert, c’est-à-dire dans leur lieu de vie habituel : ils sont accompagnés par un éducateur référent qui les guide vers une réinsertion sociale, voire professionnelle, durable, visant à éviter la récidive.

– 43% des mesures mises en place par la PJJ sont des mesures d’investigation : grâce à ses enquêtes sur l’environnement de l’enfant et de sa famille, la PJJ apporte une aide à la décision au magistrat, et participe donc au processus d’individualisation des peines.

– 4% des actions de la PJJ concernent sont des mesures de placement dans des foyers (47% des mesures de placement), des Centres éducatifs fermés (20%), des Centres éducatifs renforcés (11%), (séjours de rupture, etc.) et des familles d’accueil ou des foyers pour jeunes travailleurs (22%)

Concrètement, la PJJ est donc l’organisme déployé pour assurer la prise en charge des mineurs dans les établissements publics, associatifs ou privés dont elle contrôle la qualité. Elle assure aussi, par ses propres services ou par ceux qu’elle habilite, la mise en œuvre des mesures d’investigation éducative au civil comme au pénal. Enfin, depuis 2017, la PJJ est également chargée du pilotage de la politique judiciaire de protection de l’enfance.

Le Défi XIII

En juin 2021, la commune de La Ciotat accueillait une toute nouvelle édition du Défi XIII, un rendez-vous sportif organisé par l’Union régionale Léo Lagrange Provence-Alpes-Côte d’Azur et la Protection Judiciaire de la Jeunesse des Bouches-du-Rhône, auquel Pompiers Sans Frontière a pu proposer des ateliers portant sur les gestes qui sauvent. Intitulé « Challenge Michel Armand » cette année, il s’agissait d’un raid de plusieurs jours à destination des jeunes issus des services de la PJJ mais aussi des associations de prévention des zones prioritaires et des Foyers de l’Enfance, et dont le but est avant tout de former à l’intervention en situation de détresse en milieu aquatique. L’objectif à l’issue du défi est d’être capable de sauver une victime, de passer l’alerte et de réaliser les gestes de secours adéquats, un programme de formation complet qui invite au dépassement de soi et à l’aventure !

Organisé depuis déjà plusieurs années, c’est à travers des activités de pleine nature telles le kayak, l’escalade ou la course d’orientation que les formateurs entendent promouvoir des valeurs de courage, solidarité, citoyenneté, respect des autres et respect de l’environnement. Ces multiples activités complètent les différents modules de la formation et permettent à nombre de participants de se familiariser avec le milieu aquatique.

Les Défis XIII sont conçus pour apporter une réponse aux problématiques des jeunes en les confrontant aux notions de limites et de bien-être. On y met en avant l’effort collectif plutôt qu’individuel afin de susciter de l’entraide, des encouragements ou simplement un sentiment de joie d’être et d’agir en équipe. Avec les activités les plus engageantes, cet événement permet également aux jeunes de travailler sur la restauration de l’image de soi. Bien plus que du sport, cette initiative est un moyen de réinsertion sociale auquel participent chaque année un peu moins d’une trentaine d’éléments.

Formation au PSC1 aux CEF Les Cèdres

Centre Éducatif Fermé

Créés en 2002, les Centres éducatifs fermés sont des structures alternatives à l’incarcération et des solutions de placement dont dispose la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) pour prendre en charge les mineurs en conflit avec la loi qui lui sont confiés.

En CEF, on accueille entre 8 et 12 mineurs impliqués dans un parcours de délinquance, âgés de 13 à 18 ans. Ce placement leur est imposé par un juge pour mineurs pour une durée de 6 mois (renouvelables une fois) dans le cadre d’un contrôle judiciaire, d’un sursis avec mise à l’épreuve ou d’une libération conditionnelle. Le non-respect des conditions du placement ou un nouvel acte délictueux peut alors entraîner une mise en détention.

 

Son rôle :

 

Par rapport à d’autres structures de placement, les CEF disposent d’un encadrement renforcé et bénéficient d’un accompagnement privilégié.

Les CEF comptent environ 27 professionnels selon l’organisation propre de chaque structure, dont des équipes éducatives et médico-sociales spécialisées et adaptées à la prise en charge de jeunes en parcours de délinquance. Des intervenants extérieurs peuvent venir compléter ces effectifs, comme des animateurs sportifs, des intervenants associatifs, des professionnels de santé ou des partenaires institutionnels, qui y mènent des actions ponctuelles susceptibles d’enrichir le profil des jeunes et de les aider dans leur réinsertion. Parmi elles, les activités d’enseignement prennent une place importante dans le parcours de réinsertion : la scolarité est adaptée au niveau de chaque jeune grâce à la mise à disposition d’un enseignant de l’Éducation nationale au sein de la structure.

 

Une structure alternative

 

 

Le CEF se distingue du foyer classique dans la mesure où le placement est imposé dans le cadre d’une décision de justice. Le CEF n’est pas un lieu de détention, mais un lieu de résidence « fermé »  où  le jeune est obligé de résider sous surveillance permanente, et dans lequel il est obligé de respecter les règles. L’intérêt du centre éducatif fermé est d’éloigner le mineur d’un environnement qui peut être à l’origine de son parcours de délinquance, sans pour autant l’exclure de la société. Son cadre strict mais tourné sur l’extérieur diminue le risque de récidive d’un mineur et permet alors une meilleure transition vers une réinsertion sociale.

Entre le 27 et le 29 juillet 2021, Pompiers Sans Frontières est intervenu au Centre Éducatif Fermé (CEF) des Cèdres afin de former les pensionnaires aux gestes qui sauvent. Ces trois jours ont permis d’aborder différentes situations à risque et de revenir sur le rôle des citoyens dans le secours immédiat. Dans une démarche professionnalisante, cette intervention était aussi une opportunité pour ces jeunes de décrocher leur certificat Prévention et Secours Civiques de niveau 1 (PSC1), une formation à la responsabilité dispensée par nos deux pompiers bénévoles et notre intervenant de l’Union Pompiers 13.

L’objectif général était, une fois de plus, d’amener les participants à adopter des comportements de prévention et de réponse en premiers secours face aux situations de détresse de personnes victimes d’un accident ou d’une catastrophe. Parmi les participants, certains étaient présents un mois plus tôt lors du Défi XIII, et les intervenants ont pu constater que leur intervention en mer avait porté ses fruits. Les jeunes se rappelaient des gestes et étaient prêts à poursuivre leur formation.

Les citoyens sont les premiers maillons de la chaîne du secours

 

La sensibilisation à la prévention des risques et aux premiers secours est désormais inscrite dans le code de l’éducation. Cette stratégie vise à susciter “des comportements civiques et solidaires et le sens de la responsabilité individuelle et collective” chez les enfants et adolescents. Tout ceci dans le but de faire des nouvelles générations un ensemble de citoyens acteurs de la sécurité civile.

Dans le cadre de notre intervention au CEF, cet objectif est doublement important puisqu’il s’agit d’un public marginalisé et dont le rôle social n’est pas toujours évident. Les formations de secourisme interviennent alors pour valoriser ces jeunes, leur donner des clés pour se réinvestir de ce rôle de citoyen responsable et à même d’apporter leur contribution à la société.

La formation a aussi permis de rappeler qu’en France il existe un devoir de secourir qui, s’il n’est pas honoré, peut entraîner une condamnation pénale pour “abstention volontaire de porter assistance à une personne en péril”, un principe dont qu’il est important de faire connaître, la peur ou l’indifférence poussant parfois des personnes à refuser d’agir en situation d’urgence.

Plus que des premiers secours, une opportunité d’insertion sociale et de développement personnel

 

À l’issue d’une formation au PSC1, les jeunes doivent pouvoir établir le bilan de l’état d’une victime, prévenir les secours et adopter les bons comportements en attendant leur arrivée. C’est une formation diplômante qui peut mettre en valeur un CV et être valorisée en entretien d’embauche.

Le PSC1 permet aussi aux apprenants de prendre confiance en eux et de se sentir utiles. La plupart des formations qui sont aujourd’hui proposées en France mettent en avant la pratique des gestes plus que la connaissance théorique des termes de secourisme. En pratiquant les gestes les uns sur les autres et devant le groupe, les jeunes de CEF apprennent à s’exposer, ce qui leur permet de travailler l’image de soi, un élément primordial dans leur réhabilitation.

Ces initiatives auprès de CEF ou de la PJJ participent donc activement à la prévention de la délinquance et de la récidive en ce qu’elles sont une opportunité de reforger le lien des jeunes avec la société. Elles peuvent également être vectrices de vocations. Certains de nos participants pourraient bien être les secouristes de demain.

Sortie Escalade lors du Défi XIII 2021, La Ciotat
Graffiti du Centre Educatf Fermé des Cèdres, Marseille

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